Armés de leur canon de 30 mm, les hélicoptères Tigre de l'armée française affichent un taux de destruction impressionnant de 100 % contre les drones Shahed. Cette performance remarquable remet en lumière l'efficacité et l'adaptabilité des hélicoptères dans le cadre d'une guerre moderne et intense.
En vertu de ses accords de défense avec des pays tels que le Koweït, le Qatar et les Émirats, la France a récemment déployé à la fois des avions Rafale et des hélicoptères Tigre pour faire face à des menaces croissantes de drones et de missiles iraniens en réaction à des frappes américaines et israéliennes.
"Nous avons pu intercepter tous les drones que nous avons pris pour cible", se réjouit le capitaine Melchior, dont le nom reste confidentiel par mesure de sécurité, après un mois et demi de déploiement au Proche-Orient avec une unité de Tigre. Au total, une dizaine de drones Shahed ont été neutralisés durant les opérations de protection aérienne des pays allemands affectés par des attaques iraniennes.
"Nous avons opéré dans des zones préalablement définies par nos partenaires, décollant et nous dirigeant vers nos zones d'attente, avant d'être guidés sur les menaces par un contrôleur au sol", explique le capitaine du 1er régiment d'hélicoptères de combat (RHC) basé à Phalsbourg.
Pour un autre participant, le capitaine Adrien du 5e RHC, la mission est intensément exigeante : "Cela se déroule principalement de nuit, et avec tant d'aéronefs présents, amis comme ennemis, la tension est palpable".
Le général Olivier Hautreux, commandant de la 4e brigade d'aérocombat, souligne que ce succès conséquent constitue "une corde de plus à l'arc de l'aérocombat, prouvant nos capacités à mener ce type d'opération en plus d'autres missions".
Elio Calgano, du centre de recherche italien IAI, abonde dans ce sens, en indiquant que ces hélicoptères, "plates-formes polyvalentes", sont particulièrement adaptées à la lutte anti-drones, avec la capacité de transporter une charge considérable de munitions et de se déployer rapidement.
"Les États-Unis testent également leurs Apache pour des missions similaires, utilisant des missiles moins coûteux pouvant être guidés avec précision tout en assurant leur puissance de feu avec des canons".
Conçu en 2005 et capable de détruire les drones en quelques rafales, le Tigre utilise des obus dont le coût est bien inférieur à celui d'un missile Mica tiré par un Rafale. Le général Hautreux précise : "Il est clair que quelques obus coûtent moins cher qu'un missile de haute performance, mais il faut aussi prendre en compte la portée dévastatrice des missiles".
Malgré son efficacité contre des systèmes comme les drones Shahed, M. Calgano met en garde : "La durabilité des hélicoptères dans la lutte anti-drones dépend du contexte et des menaces rencontrées. Par exemple, leur utilisation dans des conflits comme en Ukraine, avec des petits drones manœuvrant dans un espace aérien contesté, représente des risques considérables".
Les pertes en hélicoptères de combat, notamment par la Russie au début de son invasion, ont suscité des inquiétudes sur la viabilité des appareils pilotés dans des zones à forte densité de défenses anti-aériennes. "Percer les lignes de contact en Ukraine nécessite une opération conjointe intégrée" note le général Hautreux, ajoutant que cela demande une collaboration avec de l'artillerie, de la guerre électronique et des chasseurs bombardiers pour réduire les risques pour les hélicoptères".







