Le projet Exalia, qui visait à revitaliser la plateforme chimique de Pont-de-Claix, près de Grenoble, est définitivement abandonné. Ce mardi 9 juin, les responsables du projet ont annoncé cette décision avec un sentiment de "révolte et d'amertume", le qualifiant d'"immense gâchis".
Cette issue, que beaucoup redoutaient, est survenue après un jugement du tribunal de commerce de Lyon en mars, qui a décidé de céder le site à un ferrailleur pour rembourser les dettes accumulées. Olivier Six, président du groupe Orio, et Séverine Dejoux, ex-salariée de Vencorex, ont exprimé leur désarroi dans un communiqué. Ils ont déclaré : "Les impératifs de délais et l'inertie des procédures ont freiné un projet qui aurait pu façonner l’avenir d'une filière industrielle stratégique".
Le projet Exalia, qui aurait permis l'embauche de 250 personnes, visait à relancer la production de chlore sur le site, anciennement utilisé par Vencorex. Malgré un soutien déterminé de la municipalité, de la métropole et de la région, l'État se montrait plus discret. Actuellement, il ne reste qu'une cinquantaine de salariés sur le site chimique, déclinant fortement depuis que Wanhua, une société chinoise, a repris les opérations après la liquidation de Vencorex au printemps 2025.
Les pelleteuses vont se mettre en action dès la semaine prochaine
Le démantèlement du site commence rapidement, avec des pelleteuses qui devraient intervenir dès la semaine prochaine. Olivier Six a prévenu que ce processus s'accompagnera d'une dépollution, estimé à coûter de dizaines à centaines de millions d'euros, laissant le site potentiellement en friche pendant des années.
Le maire de Pont-de-Claix, Christophe Ferrari, a soulevé des questions quant au niveau de pollution des sols et a exprimé l’espoir d’un soutien plus visible de l'État pour l’avenir du site. "Qu'est-ce que l'État est prêt à accompagner ?" a-t-il interrogé, alors que le projet Exalia, qui avait pourtant reçu un soutien financier de 600 000 euros, se termine sur une note amère.
Cette situation soulève des inquiétudes quant à l'avenir de l'industrie chimique dans la région, un secteur dont le développement est crucial pour l'économie locale. Une restructuration des tribunaux de commerce semble être une nécessité pour éviter de futurs abandon de projets prometteurs.







