Le centre hospitalier de Tours a décidé de ne pas renouveler les contrats de ses quatre aumôniers catholiques salariés, qui ont accompagné des patients et leurs familles pendant des décennies. À partir du 1er juin 2026, cet établissement de santé ne financera plus ces postes, à savoir 2,5 équivalents temps plein.
Dominique Buzoni-Gatel, responsable de la pastorale de la santé au diocèse de Tours, exprime son incompréhension face à cette mesure, notifiée unilatéralement par courriel le 15 avril 2026. "Cette décision a été prise sans concertation et remet en questionune collaboration avec le diocèse établie depuis longtemps," insiste-t-elle.
Une entorse à la laïcité ?
Bien que la loi de 1905 permette l'existence d'aumôneries dans certains établissements publics, cette décision soulève des préoccupations relatives à la laïcité. Des critiques émettent des doutes quant à la légitimité de ces services. Cependant, les aumôniers, qui réalisent en moyenne 8 000 visites par an, se défendent de toute intention prosélyte. "Nous venons en aide à tous, sans distinction de croyance," souligne Buzoni-Gatel, affirmant également avoir obtenu un diplôme universitaire en laïcité, conforme à la législation en vigueur.
Cette démarche est présentée comme une nécessité économique, alors que les aumôniers, dont les salaires sont au SMIC, ne représentent qu'une faible charge financière par rapport à l'ensemble des dépenses de l'établissement. Certains intervenants protestants, agissant à titre bénévole, n'ont pas le même statut et préoccupent davantage les gestionnaires hospitaliers.
L’archevêque va saisir le ministre de l’Intérieur
Bertille Gautier, aumônière également concernée par cette décision, souligne l'importance de leur présence auprès de patients souvent isolés. "Nous accompagnons des familles dans des moments critiques, comme des baptêmes en urgence pour des nourrissons, et notre rôle est essentiel dans les maternités," explique-t-elle. Elle mentionne des histoires poignantes, où les aumôniers ont été le dernier recours pour des familles en détresse.
Face à cette situation, une rencontre avec la direction de l'hôpital est prévue dans les jours à venir. Mgr Vincent Jourdy, archevêque de Tours, a également annoncé son intention de saisir le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en charge des cultes, pour discuter des implications de cette décision sur l'accompagnement spirituel des patients.







