Des troubles ont éclaté à Belfast mardi soir lors de manifestations anti-immigrés, déclenchées par une attaque au couteau impliquant un réfugié soudanais qui a profondément choqué la nation. Les manifestations, observées par des journalistes de l'AFP, ont réuni des centaines de participants, dont beaucoup masqués.
Plusieurs véhicules, dont un bus, ont été incendiés, et un bâtiment dans la périphérie du centre-ville a pris feu. Le commissaire adjoint de la police nord-irlandaise, Ryan Henderson, a décrit des incidents sporadiques : "Des foyers de troubles ont été signalés à plusieurs endroits d'Irlande du Nord, avec plusieurs brûlages de véhicules", tout en insistant sur la nécessité de garder son calme.
Comme rapporté par la BBC, des rassemblements ont également eu lieu à Antrim, à une vingtaine de kilomètres de Belfast. Des figures de l'extrême droite britannique, notamment Tommy Robinson, ont incité via les réseaux sociaux à des manifestations à travers le pays, recevant le soutien du patron de la plateforme X, Elon Musk, qui les a encouragés à "manifester souvent et vigoureusement".
Le suspect de l'attaque, dont l'identité n'a pas encore été révélée, a été inculpé pour tentative de meurtre et possession d'un objet tranchant. Ce jeune homme, âgé de 30 ans, a été arrêté et doit comparaître devant la justice mercredi. Le ministère de l'Intérieur a précisé qu'il s'agit d'un réfugié soudanais avec un permis de résidence valide jusqu'en 2028, arrivé au Royaume-Uni en 2023 par Paris et Dublin.
Le chef de la police nord-irlandaise, Jon Boutcher, a affirmé que la piste terroriste était écartée, bien que le motif de l'attaque, survenue vers 22h30, demeure flou. La victime, un homme dans la quarantaine, a été hospitalisée dans un état critique, souffrant de blessures graves, notamment au visage.
Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montre l'assaillant attaquant la victime tandis que d'autres tentent de contrecarrer l'agression. Cette scène choquante a provoqué une forte indignation dans tout le pays, suscitant des réactions de la classe politique britannique. Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié l'attaque de "révoltante", tandis que la Première ministre nord-irlandaise, Michelle O'Neill, a réitéré ses appels au calme.
Dans le quartier touché par l'attaque, les habitants ont exprimé leur choc. Une résidente de 24 ans a commenté : "C'est fou, c'est un quartier calme. Je comprends la colère de certains face à cette montée de la violence. Mais un acte comme celui-ci devant chez nous, c'est quelque chose que je n'aurais jamais imaginé." Cette déclaration reflète l'anxiété croissante face aux violentes manifestations anti-immigrés qui secouent l’Irlande du Nord depuis deux ans.
Des troubles avaient également eu lieu par le passé, comme en juin 2025, où des émeutes ont suivi l'arrestation de jeunes accusés d'agression, ou encore l'été 2024 lorsqu'une vague de violences a touché plus d'une trentaine de villes au Royaume-Uni après des incidents tragiques impliquant de jeunes immigrés.
Les événements de Belfast surviennent après des troubles à Southampton, révélant ainsi une spirale de tensions autour des questions d'immigration et de sécurité au Royaume-Uni.







