Alors que le déficit des retraites se profile de manière préoccupante, les prétendants à la présidentielle se montrent prudents face à un sujet qui s'annonce central dans la campagne à venir.
Un rapport attendu du Conseil d’orientation des retraites (Cor) pourrait révéler des chiffres alarmants, prévoyant un déficit retraite atteignant 2,4 % du PIB d'ici 2070, contre 1,4 % l'année précédente. Ce changement est attribué à un recul significatif de la natalité, rendant la situation encore plus délicate. Pour rétablir l'équilibre, le report de l'âge légal de départ à la retraite serait inévitable, atteignant potentiellement 67 ans et demi. Mais qui osera défendre une telle mesure impopulaire lors de la campagne ?
Une problématique délicate pour le Rassemblement national
Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée, a récemment souligné l'importance d'aborder ce problème démographique à bras-le-corps. "Cependant, il ne s'agit pas simplement de l'âge", a-t-elle précisé, insistant sur d'autres leviers comme la hausse des cotisations ou la taxation du capital. Cette précaution s'inscrit dans un contexte de tensions sociales persistantes depuis la mise en place de la réforme Borne, maintenant suspendue, laissant l'âge légal à 62 ans et neuf mois.
Au Rassemblement national, la position est hésitante. Jordan Bardella, le président du parti, a récemment évoqué une possible réflexion sur l'augmentation de l'âge légal, un avis rapidement nuancé par Marine Le Pen, qui souhaite maintenir cet âge à 62 ans. Bardella, cependant, défend l'idée que "l'âge légal n'a pas de sens; c'est la durée de cotisation qui prime" et promet une nouvelle approche à venir.
De son côté, Gabriel Attal, à la tête du mouvement Renaissance, plaide pour la suppression de l'âge légal, argumentant que cela offrirait plus de liberté aux citoyens. En revanche, Édouard Philippe reste sceptique vis-à-vis de cette option, insistant sur la nécessité de cadrer les choix collectifs. Les Républicains, avec Bruno Retailleau à leur tête, souhaitent quant à eux un relèvement à 65 ans.
Retour aux sources au Parti socialiste
À gauche, le Parti socialiste aspire à ramener l'âge légal à 62 ans, tout en soutenant que ce critère ne devrait pas être le point focal du système. Les propositions incluent également une durée de cotisation de 43 ans, adaptable selon la pénibilité des métiers. Raphaël Glucksmann, potentielle figure de proue de l'élection, estime qu'il est prématuré d'établir une réforme précise, soulignant l'importance d'un équilibre entre la durée de cotisation et la pénibilité.
Enfin, Jean-Luc Mélenchon défend résolument un retour à la retraite à 60 ans pour une cotisation de 40 ans.
Avec AFP







